RETAIL NUMERIQUE MAG
2019 © Tous droits réservés
LE MAGAZINE LEADER DE LA DISTRIBUTION HIGH-TECH

Le logement connecté, nouvel eldorado pour les promoteurs immobiliers ?

Tribune

Si le succès des objets connectés n’est plus à prouver, le marché du logement connecté tarde à décoller en France. La catégorie regroupe pourtant une multitude d’équipements de la maison que nous utilisons dans leur version « non connectée » : lampes, thermostats, volets roulants, etc.

Rimg0
Jean-Michel Huet, Sébastien Guéchot et Cyril Petel, Bearing Point

Si certains évoquent la confidentialité des données comme barrière à l’achat, les recherches montrent que le frein est avant tout financier. D’après le baromètre Qualitel 2018, 75 % des Français considèrent que des prix trop élevés les dissuaderaient de connecter leur logement.Cette barrière a également des implications pour les promoteurs, dont la part de logements connectés a connu une faible croissance. Les promoteurs, Nexity et Bouygues Immobilier en tête, développent leurs offres « smart home » depuis des années et ont déjà livré plusieurs appartements pilotables depuis leurs applications. Mais la contrainte financière reste majeure, même pour ces géants du bâtiment : construire un logement connecté coûte encore trop cher (le surcoût à la construction est estimé entre 1000 et 3000 € par logement) et les acquéreurs ne sont pas prêts à voir ces coûts répercutés sur les prix à l’achat.


Une accélération prévue en 2019

L’intérêt stratégique pour les promoteurs reste important. A court terme, une application en leur nom est un atout marketing qui permet de garder contact avec leurs clients et de gagner en notoriété. A moyen terme, c’est aussi l’opportunité de passer d’un modèle de constructeur de biens à celui de fournisseur de services. Comme l’explique Nicolas Oyarbide, directeur du programme Logement Connecté du groupe Pichet : « Nous sommes un promoteur intégré : nous couvrons les métiers de la construction, de la promotion et de l’exploitation. Nous sommes convaincus que le logement connecté sera un standard d’ici quelques années, et nous devons être prêts. ».
Pour réaliser cet objectif, les promoteurs s’appuient sur des sociétés spécialisées en domotique tel que Somfy via Tahoma et Overkiz, notamment pour assurer la connectivité entre les objets. Ils peuvent aussi entrer dans le capital de start-ups, afin de construire leur offre d’équipements et le socle technique. Ces différents types de partenariats sont utiles dans un environnement où la technologie évolue vite et où les standards tardent à émerger. En effet, dans l’Internet des objets (ou « IoT » pour Internet of Things), des dizaines de protocoles radio se sont longtemps fait concurrence et il a fallu attendre des années avant que des protocoles deviennent des références. Cependant, la tendance est aujourd’hui à l’ouverture des écosystèmes ; ce phénomène s’accélérant avec la démocratisation des assistants vocaux et la baisse du coût des objets qui conduit les promoteurs à proposer des écosystèmes IoT complets et attractifs pour leurs résidents.


Un marché profitable dans l’avenir, mais pour qui ?

S’il ne fait pas de doute que le développement des écosystèmes connectés aura des bénéfices pour les usagers ; la profitabilité de ce marché pour les acteurs économiques de cette chaine de valeur est moins prédictible.
Dans ce contexte de consolidation du marché, les promoteurs sauront-ils trouver leur place ? Face à eux se présentent deux typologies de concurrent : les retailers - comme LeroyMerlin qui a lancé en 2018 sa box Enki - et les géants du Web comme Google Assistant ou Alexa. Pour chacun, le principal enjeu est de ne pas être dépassé, alors que les attentes des consommateurs changent vite et que les socles technologiques sont en perpétuelle évolution. Les promoteurs immobiliersont néanmoins un avantage certain issu de leur positionnement historique : ce sont les seuls à pouvoir fournir une offre intégrée clés en main, en installant les équipements connectés directement dans les murs. Cela sera-t-il suffisant pour concurrencer les GAFA? Pour Nicolas Oyarbide, il est encore trop tôt pour se poser la question : « Pouvons-nous combattre l’hégémonie des GAFA s’ils décident de faire réellement de la Smart Home leur relais de croissance ? Probablement pas. Mais notre métier est de construire des logements qui anticipent les modes de vie de leurs résidents, et contribuent à les faire émerger. A date, la proposition de Google Home, par exemple, n’est pas suffisante. Nous rendons possible le logement connecté dès à présent, tout en restant compatibles avec le scénario que l’avenir retiendra. »

Par Jean-Michel Huet, Sébastien Guéchot et Cyril Petel, Bearing Point

A lire aussi
Le magazine
Contact annonceurs

Christine Doussot

Directrice de clientèle

puevfgvar.qbhffbg@ergnvyahzrevdhrznt.se
+33 7 69 21 82 45

Recevoir la Newsletter
OK