RETAIL NUMERIQUE MAG
2019 © Tous droits réservés
LE MAGAZINE LEADER DE LA DISTRIBUTION HIGH-TECH

Maison connectée : en attendant le décollage…

Vision et analyses

Depuis que les objets connectés ont commencé à faire irruption dans les rayons de la distribution de produits high tech, le marché de la maison « intelligente » ou
« connectée » est promis à un bel avenir. Avatar technologiquement actualisé de la
« domotique » des années 80-90, le smart home d’aujourd’hui ne manque pas d’atouts pour séduire massivement les consommateurs. Les produits sont plus simples à installer et à utiliser, ils sont plus abordables en termes de prix, et leurs promesses en termes de simplification et d’économies sont la plupart du temps au rendez-vous (cf le compte rendu de notre Matinée Hi Touch du Retail dans notre édition papier n° 27).

Pourtant, le marché ne décolle pas à la hauteur des attentes des industriels et des retailers, malgré un rythme de progression important. En 2018, il s’affichait à + 35 % pour un chiffre d’affaires de 670 millions d’euros, soit la moitié du total des produits connectés. Certains segments progressent cependant plus vite. Le petit électroménager connecté, par exemple, a connu en 2018 une progression des ventes de 51 % à 99 M€. Mais le « connecté », ne représente que 4 % de la catégorie de ce type de produits.

Certes, quelques segments de produits, comme les ampoules connectées ou le chauffage connecté tirent leur épingle du jeu commercialement parlant. Les premières ont suivi la courbe vertueuse de « l’effet whaou » qui déclenche les ventes, suivi par la diversification d’offre et, maintenant, par la baisse des prix qui permet aux consommateurs d’en mettre partout dans la maison. Résultat : l’ampoule connectée capte aujourd’hui 30 % de la valeur du marché des ampoules. Pour sa part, le chauffage connecté a séduit, dans une moindre mesure, les pragmatiques en quête d’économies d’énergie.

Mais le reste du marché piétine, alors que dans d’autres pays européens, tels que l’Allemagne ou la Grande Bretagne, le décollage a déjà eu lieu. Pourquoi un tel retard à l’allumage ?

Pour les acteurs comme pour les observateurs du marché, l’absence d’interopérabilité entre les produits de marques différentes est l’un des principaux freins. Mais ce constat - qui a conduit Leroy Merlin à concevoir et fabriquer sa box Enki pour permettre aux marques de communiquer entre elles – ne saurait tout expliquer. Depuis l’arrivée des enceintes intelligentes, qui assurent jusqu’à un certain point ce rôle de hub de contrôle des objets connectés de la maison, ce n’est pas beaucoup mieux. Le problème est donc ailleurs.

« Nous avons fait des études consommateurs dans les sept plus grands pays européens, explique Kathy Hauret, Responsable Marketing France de Philips Hue. La France apparaît comme le pays où les consommateurs comprennent le moins bien la notion de maison connectée ». A cet écueil s’en ajoute un deuxième : le manque de formation des vendeurs et l’absence d’incentive particulier à vendre ce type de produits. Ce dernier point est par ailleurs la conséquence d’un troisième écueil : l’organisation des rayons en silos, qui rend déjà très difficile la mise en scène ensemble de produits de la maison connectée – et leur commercialisation.

L’interopérabilité pose donc problème, mais la première d’entre elles à résoudre ne serait-elle pas celle entre les hommes plutôt que celle des machines ?

A lire aussi
Le magazine
Contact annonceurs

Christine Doussot

Directrice de clientèle

puevfgvar.qbhffbg@ergnvyahzrevdhrznt.se
+33 7 69 21 82 45

Recevoir la Newsletter
OK