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Et si l’affaire Huawei bousculait le modèle des apps Apple/Google ?

Téléphonie Mobile

La quête urgente de solutions par Huawei pour palier l’impossibilité d’utiliser Android pourrait bouleverser l’écosystème des applis mobiles et renforcer l’opérateur plutôt de l’affaiblir.

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Après Samsung, qui avait sorti début 2012 son propre système d’exploitation pour smartphones Tizen pour ne plus dépendre de Google, Huawei réfléchit depuis la même époque (d’après Les Echos) à la création de son propre OS pour faire tourner ses smartphones. Cette réflexion a pris une accélération frénétique depuis que le président américain Donald Trump a mis Huawei sur la liste noire des sociétés qui menacent sa sécurité nationale, privant ainsi le 1er constructeur chinois de la possibilité de continuer à utiliser Android et ses applications. Toujours d’après les Echos, cet OS a pour nom Ark et pourrait sortir dès cet automne, ou alors au printemps.
L’affaire en soi ne pose pas de problème technique insurmontable, surtout avec les moyens financiers et humains dont dispose Huawei. La version d’Android utilisée jusqu’à présent par le constructeur chinois sur son marché domestique est un système d’exploitation dérivé du noyau open source d’Android, customisé pour tenir compte des impératifs sécuritaires et politiques de Pékin. Mettre sur pied rapidement une version européanisée sur la même base est donc faisable. Le principal problème qui se pose à Huawei est plutôt celui des applications, et notamment des « killer apps » d’Android (Google Maps, Gmail, Youtube….) que même les utilisateurs d’iPhone installent sur leurs smartphones.
Or, on ne bâtit en effet pas du jour au lendemain un écosystème de millions d’applications mobiles par l’incantation, surtout si la base potentielle d’utilisateurs se réduit à celle d’un seul constructeur, aussi puissant soit-il. L’enjeu serait donc pour Huawei de convaincre les éditeurs d’applications les plus populaires. Pour cela, toujours d’après Les Echos, Huawei fait une cour assidue à ces derniers, avec un double argument : une base de clients qui pourrait inclure les centaines de millions d’utilisateurs chinois de la marque, et une répartition des recettes éditeurs/magasin d’applications beaucoup plus généreuse que les 30 %/70 % que prélèvent Google ou Apple. Si Huawei réussit son coup, ce serait encore un effet induit exactement opposé à celui recherché par le président américain. Affranchi de la dépendance de Google, Huawei pourrait renforcer ses positions et faire encore pencher vers l’Asie le centre de gravité de la planète mobile.

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